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Installée à Brignoles, Aurore Guès a fait de la bijouterie artisanale bien plus qu’un métier : une seconde vie. Dans son atelier, elle crée, transforme et répare des bijoux en or et en argent, en misant sur l’écoute, la pièce unique et le sur-mesure. Rencontre avec une artisane qui façonne le métal comme d’autres écrivent des histoires.
Aurore Guès ne parle pas de son travail comme d’une activité professionnelle parmi d’autres. Elle parle d’une passion. D’un atelier. D’un lieu où l’on crée.
« Ma passion, c’est mon métier, c’est mon atelier », affirme-t-elle .
Installée à Brignoles, à la tête de l’Atelier des Deux B, elle a repris seule les rênes de la société il y a bientôt deux ans. Une étape importante dans un parcours marqué par la reconversion et la persévérance.
Rien ne la prédestinait pourtant à la bijouterie. Avant cela, elle exerçait dans un tout autre domaine. Puis, il y a quinze ans, elle décide de changer de voie. Elle retourne à l’école, « quasiment à 40 ans », pour préparer un CAP de bijouterie .
Un pari sur l’avenir. Et sur elle-même.
À l’origine, Aurore Guès avait déjà un goût prononcé pour les métiers techniques. Elle avait obtenu un baccalauréat F10 en micro-technique, une filière tournée vers l’étude des systèmes miniaturisés automatisés. Une formation qui aurait pu la conduire vers l’horlogerie ou la lunetterie.
Mais la vie en a décidé autrement.
Elle commence à travailler pour gagner sa vie. Puis, en 2008, un accident vient bouleverser son quotidien. « Quand j’ai malencontreusement été rencontrée par un camion », confie-t-elle .
L’accident la contraint à s’arrêter. Elle ne peut plus conduire. Or, pour une commerciale, l’immobilité complique tout.
Pendant sa convalescence, elle prend une décision qui changera sa trajectoire : se former à la bijouterie. Une idée déjà présente après le bac, mais restée en suspens. Cette fois, elle s’y consacre pleinement.
Elle débute modestement, avec peu de moyens, en travaillant depuis chez elle. Puis son ancien maître de formation lui propose de s’associer avec lui. Leur collaboration durera huit ans. Aujourd’hui, elle poursuit seule l’aventure.
Dans son atelier, Aurore Guès propose trois grands services : la réparation, la transformation et la création.
« Je propose les réparations sur or ou argent. Je propose la transformation de vos vieux bijoux. Et je propose des créations qui sont dans ma vitrine ou que vous pouvez me demander » .
Une bague à mettre à taille.
Un fermoir à remplacer.
Une pierre à sertir.
Une chaîne à souder.
Les demandes sont variées. Mais ce qui distingue son approche, c’est la transformation.
Les clients arrivent parfois avec des bijoux hérités. Des pièces anciennes, chargées d’histoire, mais qui ne correspondent plus à leurs goûts. « Vous pouvez venir avec des vieux bijoux en or de votre grand-mère qui ne vous plaisent pas tel quel » .
Elle vérifie les matériaux. Refond le métal. Propose des croquis. Affine le projet avec le client. Puis établit un devis.
Et l’aventure commence.
Les bagues de fiançailles et les alliances occupent une place particulière dans son activité. Elle n’en propose pas en stock.
« Les alliances, je les fais systématiquement sur mesure » .
Pour elle, une alliance ne peut pas être un modèle standard reproduit à l’identique. Elle doit être pensée pour une personne, pour un jour précis.
« Je ne ferai jamais deux fois le même modèle » .
Le bijou devient alors un symbole façonné à l’image de celui ou celle qui le portera. Une pièce intime. Unique.
Le moteur d’Aurore Guès, c’est la création.
Elle peint. Elle dessine. Elle a toujours été attirée par l’art. « Ce qui me plaît, c’est de réaliser quelque chose de mes mains, de partir de zéro et de créer quelque chose » .
Voir le métal brut se transformer. Ajuster. Polir. Sertir.
Et surtout, observer la réaction du client lorsqu’il découvre le bijou terminé.
« Voir le plaisir sur le visage de mes clients quand ils viennent chercher leurs bijoux et qu’ils sont heureux » .
Ce moment-là justifie les heures de travail minutieux.
Dans son atelier, rien n’est imposé. La vente forcée n’a pas sa place.
« Moi, quand un client vient, je ne force jamais la vente » .
Elle propose. Elle explique. Elle laisse le temps.
Elle évoque le cas d’un client venu une première fois sans rien acheter. Puis revenu quelques jours plus tard. Puis encore une fois, avec sa compagne.
Pour elle, la relation est fondée sur la confiance.
« L’écoute et la bienveillance, c’est important » .
Créer un bijou, c’est traduire une intention. Un désir. Une idée parfois floue.
« Il faut vraiment écouter les clients, leurs souhaits, leurs désirs et essayer de faire au plus proche » .
Le client confie une part de son imaginaire. L’artisan doit la rendre tangible.