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Connue sous le nom de Kate Woo, Céline Janczak travaille la terre comme un matériau de recherche autant que de création. Installée dans l’univers de la céramique après une première carrière dans la direction artistique, elle développe au Cannet une pratique fondée sur l’expérimentation, les pièces uniques et les collaborations. Elle transmet également son savoir-faire lors d’ateliers destinés aux adultes.
Dans l’atelier, le geste commence parfois par une hésitation. Une pièce est là, encore brute. Il faut décider de sa finition. Une cire offrira un aspect plus naturel. Un autre produit permettra de rendre la surface imperméable.
« L’idée, c’est de protéger la terre pour éviter qu’elle se tache », explique Céline Janczak.
Derrière cette question en apparence technique se dessine une grande partie de sa manière de travailler. Tester. Comparer. Chercher le bon rendu. Ne pas se précipiter vers une solution déjà connue.
Céline Janczak est également connue sous le nom de Kate Woo. Sa définition de son activité tient en quelques mots : « Ma passion, c’est de travailler la matière et d’en faire quelque chose. »
La phrase est simple. Elle résume pourtant une pratique située à la croisée de plusieurs univers. Celui de l’artisanat, bien sûr, mais aussi du design, de la recherche et de la transmission.
Au Cannet, elle anime notamment des ateliers pour adultes au sein du Foyer pour Tous. La structure locale propose des activités culturelles, artistiques, sportives et de loisirs et se présente comme un lieu de rencontre, d’échange et de création.
C’est dans cet environnement que la céramiste partage aujourd’hui une partie de son expérience.
Chez Céline Janczak, tout part donc de la matière.
La terre impose ses contraintes. Elle nécessite de comprendre les textures, les usages, les cuissons et les finitions. Mais elle ouvre également un vaste champ d’expérimentation.
Une même forme peut prendre des directions très différentes selon son traitement. Une finition peut laisser la terre presque nue. Une autre modifier son toucher, son éclat ou son comportement face à l’humidité.
Cette attention portée au matériau ne relève pas uniquement de la technique. Elle fait partie du processus créatif.
Céline Janczak ne décrit pas son travail comme l’application méthodique d’une recette. Elle parle plutôt de recherche. De choix successifs. De solutions à trouver pour répondre à un besoin particulier.
Cette logique explique aussi la diversité des projets qu’elle accepte.
Elle peut travailler sur une pièce singulière, répondre à la demande d’un éditeur ou imaginer un objet destiné à accompagner l’univers d’un restaurant.
Le point de départ change. La démarche, elle, demeure : comprendre avant de créer.
C’est probablement dans cette phrase que Céline Janczak définit le plus précisément son rapport à la céramique.
Le résultat compte. Mais le chemin qui permet d’y parvenir semble tout aussi important.
Elle cite l’exemple de la restauration. Lorsqu’elle imagine une assiette pour un professionnel, son objectif n’est pas simplement de réaliser un objet esthétique.
Il faut chercher « une assiette qui correspond vraiment à ses valeurs, à son identité ».
La céramique devient alors un élément du projet global du restaurateur.
Une assiette possède une forme, une couleur, une matière et une présence sur la table. Elle accompagne le plat sans nécessairement attirer toute l’attention sur elle. Sa conception suppose donc un dialogue entre l’usage et l’esthétique.
Pour la créatrice, ce travail en amont représente précisément l’un des intérêts du métier.
Il faut écouter une demande. L’interpréter. Chercher. Tester. Puis donner une réponse matérielle.
« Et hop, je crée », résume-t-elle.
Une formule spontanée qui masque une réalité plus complexe : la création intervient après tout un travail de réflexion.
Cette approche explique également une particularité de son activité.
Céline Janczak peut imaginer une pièce sans nécessairement être celle qui la reproduira ensuite en série.
« Des fois, c’est même reproduit par un autre céramiste », précise-t-elle.
Sa pratique se rapproche alors du design. Le créateur imagine une forme, établit une proposition et développe une solution. La fabrication peut ensuite être confiée ou partagée avec d’autres professionnels.
Cette manière de travailler fait directement écho à son parcours.
Avant de se consacrer pleinement à cet univers, Céline Janczak travaillait en effet comme directrice artistique.
Un métier où la conception, l’identité visuelle et la recherche occupent déjà une place centrale.
Le passage vers la terre ne constitue donc pas nécessairement une rupture totale. Les outils changent. Le matériau devient physique. Mais certaines questions restent proches : comment donner une forme à une idée ? Comment traduire une identité ? Comment rendre cohérentes une intention et sa réalisation ?
Le tournant se produit à Vallauris.
Céline Janczak raconte s’être rendue aux Beaux-Arts de Vallauris avec un objectif beaucoup plus modeste : « simplement prendre des tours de tournage ».
Son CV attire pourtant l’attention.
Elle intègre alors une section consacrée aux jeunes créateurs.
Cette rencontre va modifier son parcours professionnel.
« J’étais DA dans une grosse boîte et là, je plante tout », raconte-t-elle.
Le changement est important. La direction artistique laisse progressivement la place à un travail directement lié à la céramique et au design.
Elle est ensuite recrutée comme professeure de design.
Le contexte vallaurien n’est pas anodin. La ville entretient une relation historique particulièrement forte avec la céramique. Son École d’art céramique, ouverte en 1994 et gérée par la commune, se présente aujourd’hui comme un lieu d’apprentissage, de recherche et d’expérimentation. Elle propose notamment des enseignements en poterie, tournage, moulage, sculpture-modelage, décoration et design.
Vallauris reste plus largement associée à une tradition céramique qui a marqué son identité artistique. Pablo Picasso y a notamment développé une importante production en céramique après sa découverte de l’atelier Madoura à la fin des années 1940.
C’est donc dans un territoire profondément lié à la terre et à ses savoir-faire que Céline Janczak approfondit sa propre pratique.
Le parcours prend alors une nouvelle direction.
Celle qui était venue apprendre se retrouve à transmettre.
« Je me vois de l’autre côté », explique-t-elle.
Elle accompagne alors des artistes et des étudiants dans le cadre d’une formation professionnelle.
Ce passage de l’élève à l’enseignante constitue une étape importante. Il suppose de transformer une pratique intuitive en quelque chose qui peut être expliqué.
Transmettre un geste oblige à le décortiquer. Enseigner une méthode suppose d’en comprendre les différentes étapes. Et accompagner un créateur ne consiste pas uniquement à lui montrer comment fabriquer un objet.
Il faut aussi l’aider à développer son regard.
Aujourd’hui encore, cette dimension de transmission reste présente dans l’activité de Céline Janczak.
Au Foyer pour Tous du Cannet, elle organise des ateliers pour adultes ainsi que des stages mensuels consacrés à « des techniques bien spécifiques ».
La pédagogie rejoint ainsi son goût pour la recherche.
Chaque technique devient un terrain à explorer.
Et l’atelier ne se limite plus à l’endroit où elle produit ses propres pièces. Il devient aussi un espace où circulent les savoir-faire.
L’environnement associatif offre un cadre particulièrement adapté à cette transmission.
Le Foyer pour Tous des Mimosas propose au Cannet des activités destinées aux jeunes comme aux adultes dans les domaines culturels, artistiques, sportifs et du bien-être. La Ville le décrit notamment comme un lieu « d’accueil, de rencontre, d’échange et de créations », où des stages sont également organisés au cours de l’année.
Pour Céline Janczak, ces rendez-vous permettent de partager une approche qui ne semble pas chercher uniquement la maîtrise parfaite d’un geste.
L’expérimentation conserve une place centrale.
Comprendre comment se comporte une terre. Essayer une technique. Modifier une finition. Observer le résultat.
Le travail du céramiste est fait d’une succession de décisions.
La pièce terminée raconte aussi toutes celles qui l’ont précédée.
Cette logique de recherche explique enfin le rapport particulier de Kate Woo à la production.
Elle ne cherche pas à multiplier les grandes collections.
« Je n’ai pas de grande collection », précise-t-elle.
Elle préfère développer des pièces singulières et des séries limitées.
Elle parle de « One », autrement dit d’objets qui existent avant tout comme des pièces à part entière.
Cette manière de produire va à rebours d’une logique où une forme réussie devrait nécessairement être déclinée en grand nombre.
Chez elle, une idée peut avoir une durée volontairement courte.
Un éditeur peut la contacter pour réaliser certaines pièces. Une collaboration peut naître. Un travail « à quatre mains » peut être engagé.
Puis vient la commande.
« J’en fais dix et puis c’est terminé, je passe à autre chose. »
La formule revient presque comme une méthode de travail.
Créer. Produire suffisamment pour donner une existence au projet. Puis continuer à chercher.
Dans cette volonté de ne pas s’installer durablement dans une série, on retrouve son intérêt initial pour le processus.
La répétition n’est pas nécessairement ce qui la motive.
C’est davantage la question à résoudre.
Une fois la réponse trouvée et le projet réalisé, une autre recherche peut commencer.
Cette posture donne à son travail une dimension mouvante.
Elle permet aussi les rencontres.
Celles avec des éditeurs. Avec des restaurateurs. Avec d’autres céramistes. Avec les élèves qu’elle accompagne.
La création n’est donc pas décrite comme une activité solitaire enfermée dans un atelier.
Elle s’inscrit dans des échanges.
La pièce peut être pensée pour quelqu’un. Elle peut être développée à plusieurs. Elle peut être reproduite par un autre artisan. Elle peut aussi devenir le support d’un apprentissage.
De la direction artistique à la céramique, puis de la création à l’enseignement, le parcours de Céline Janczak semble ainsi suivre un même fil : transformer une idée en forme.
La terre lui offre aujourd’hui le terrain privilégié de cette recherche.
Une matière qu’il faut comprendre, tester et parfois protéger d’une simple tache.
Une matière surtout à partir de laquelle, comme elle le dit elle-même, il devient possible de « faire quelque chose ».
Pour découvrir les activités artistiques et les stages proposés au Cannet, la Ville présente le Foyer pour Tous des Mimosas dans son espace consacré aux sports et aux loisirs.
L’École d’art céramique de Vallauris détaille également ses cours, ses formations professionnelles et les différentes techniques enseignées, du tournage au design en passant par le moulage et la décoration.
Enfin, le musée Magnelli, musée de la céramique de Vallauris, permet d’approfondir l’histoire artistique et céramique particulièrement riche de la ville.
09/08/2026 DB+IA