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À Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Pauline Bourdin a fait de l’upcycling textile bien plus qu’une tendance : un mode de vie. Ancienne militaire, elle chine, démonte et réinvente des vêtements anciens pour leur offrir une seconde vie. Dans son atelier-boutique ouvert en 2021, chaque création naît d’une matière sauvée de l’oubli.
Pauline Bourdin annonce la couleur d’emblée : « Ma passion, c’est l’upcycling. Donc la réutilisation de matières premières » .
Derrière ce mot, une philosophie claire : ne pas produire du neuf quand l’existant peut être transformé. Ne pas jeter quand on peut réparer. Ne pas gaspiller quand on peut réinventer.
Son histoire avec le textile commence en 2009, lorsqu’elle se met à la couture. Très vite, une question s’impose : pourquoi acheter du tissu neuf alors que tant de matières dorment déjà dans les placards ou sur les étals de brocante ?
Elle commence à écumer les brocantes, à récupérer des nappes, des rideaux, des tissus anciens. Sa première passion, c’est le jean. Elle imagine des sacs à partir de salopettes de petites filles, de jupes en denim.
« Je me suis dit que c’était bien de réutiliser la matière déjà utilisée qui était vouée à la poubelle » .
À l’époque, elle est encore militaire. La couture reste un projet personnel, mené en parallèle. Elle débute comme beaucoup : lingettes, trousses, accessoires du quotidien. Puis les pièces prennent de l’ampleur. Les sacs deviennent vêtements. L’idée d’une boutique commence à germer.
Entre 2016 et 2017, le projet s’affine. Puis un événement personnel agit comme un déclic : le décès de sa grand-mère.
« Je me suis dit qu’il fallait vivre au jour le jour et à l’instant T et que j’avais envie d’ouvrir ma boutique » .
Le cheminement prend du temps. La période du Covid ralentit les démarches. Mais en 2021, elle ouvre finalement son atelier-boutique à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume.
Un lieu à son image. Authentique. Engagé.
L’upcycling, ou surcyclage, consiste à transformer un produit usagé en objet de qualité ou d’utilité supérieure. Contrairement au recyclage, la matière n’est pas détruite pour être refondue : elle est revalorisée telle quelle. Une démarche qui limite la production de déchets et réduit l’empreinte carbone liée à la fabrication de textiles neufs.
L’économie circulaire vise à allonger la durée de vie des produits par la réparation, la réutilisation et la transformation. Dans le textile, cela passe par la seconde main, la customisation, la réparation ou encore la création artisanale à partir de vêtements existants.
L’industrie de la mode est l’une des plus polluantes au monde : consommation massive d’eau, production de déchets, transport international, surproduction. Se tourner vers des créateurs locaux ou des pièces upcyclées permet de réduire cet impact tout en soutenant une économie de proximité.
Ressourceries, friperies, ateliers de couture, créateurs indépendants… De nombreuses initiatives locales permettent aujourd’hui de consommer autrement. À Saint-Maximin-la-Sainte-Baume et dans le Var, ces circuits courts redonnent du sens à l’achat vestimentaire.